Le Porc sur Paille: dans ce cochon, tout est équitablement bon!

Actuellement, les circuits conventionnels dans lesquels la grande distribution donne le tempo et mène la danse des prix, ne permettent plus de valoriser les filières agricoles de qualité, dont certaines filières porcines. Face au dumping réalisé par des pays comme l’Allemagne, la réalité est telle que seul le prix compte: il faut produire pour produire. C’est de ce triste constat qu’est née la filière «Porc sur Paille».

Jean-Philippe Falque est actif dans le domaine de l’alimentation pour le bétail. Lors de ces visites dans les fermes, il a été interpellé et séduit par ces «petits» éleveurs qui pour des raisons pratiques, n’élevaient pas le porc sur caillebotis de manière industrielle mais traditionnellement sur de la paille. Bien plus qu’un simple détail d’aménagement, il s’agit d’un tout autre regard sur l’élevage porcin. En effet, dans le cas des élevages industriels de porcs, les exploitations comptent parfois plusieurs milliers d’animaux. Ces porcheries sont constituées d’énormes bâtiments de 2,5 mètres de hauteur dont le sol est doté de caillebotis (recouvrement grillagé) sous lesquels  des puits de 2 mètres de profondeur récoltent les déjections des animaux. Ce type d’exploitation présente l’avantage que les porcs s’alimentent moins étant donné qu’ils se meuvent moins vu la densité supérieure au mètre carré mais aussi de requérir moins de main d’œuvre, sachant que les puits sont vidés généralement une seule fois par an. Ce dernier point explique le caractère pestilentiel de l’odeur qui peut émaner de ce type de porcherie. De plus, d’un point de vue purement économique, l’exploitant agricole se retrouve en quelque sorte piégé face à l’étendue de l’investissement (plusieurs millions d’euros). Qui plus est, une épée de Damoclès pèse au dessus de sa tête car en cas d’arrêt de l’élevage porcin, les bâtiments ne peuvent en aucun cas être reconvertis étant donné leur conformation si particulière.

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A côté de cela, l’option de l’élevage du porc sur paille est quant à elle accessible aux exploitations à taille humaine. En effet, dans toutes les fermes même celles qui ne sont pas spécialisées en élevage porcin, il est courant que les fermiers élèvent pour leur propre consommation quelques porcs… sur paille. Cela présente l’avantage de ne pas requérir d’investissement particulier. En pratique, les porcs sont élevés dans une étable quelconque dans laquelle il suffit simplement d’adapter des barrières et des trémies, ce qui en outre n’impacte pas le paysage. De plus, le voisinage n’est pas incommodé par les odeurs car nous pouvons en témoigner, ces étables ne dégagent pas d’odeur particulière! Par ailleurs, les déjections mélangées à la paille produisent un fumier proche du compost. L’azote de celui-ci est plus facilement assimilé par les plantes, ce qui est plus intéressant d’un point de vue environnemental. En effet, comparativement au lisier traditionnel, ce fumier se dégrade plus vite et dès lors, le risque d’une percolation de l’azote dans le sol, voire  jusqu’aux nappes phréatiques, est moindre.  

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La filière «Porc sur Paille» compte actuellement deux exploitations: celle d’Alexandre Godfrind située à Les Isnes près de Gembloux et celle de Philippe Genin à Sart-Saint-Laurent près de Namur. Au total, ce sont près de 550 porcs qui sont proposés annuellement au consommateur par cette filière à taille humaine. Les porcelets d’un poids de 20-25kg y arrivent depuis la Flandres à l’âge d’un mois. Il s’agit d’animaux provenant de croisement entre des porcs des races Landrace, Large White et Piétrain. Dans le futur, l’un des objectifs de la filière «Porc sur Paille» est notamment d’améliorer ces croisements en vue d’apporter encore d’avantage de qualité et de goût au produit.

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Alexandre Godfrind et Jean-Philippe Falque
 

Dans l’étable, on distingue du premier coup d’œil que les porcs subdivisent leur espace de vie en trois zones: l’une est destinée au repos (ils aiment particulièrement se blottir les uns contre les autres dans la paille), une autre est destinée au coin-repas tandis qu’un troisième espace est une zone où ils s’ébattent librement. Dans les faits, les porcs sont séparés selon leur âge afin de pouvoir adapter au mieux leur régime alimentaire. Les porcelets sont mis dans des espaces plus serrés comme ils les aiment jusqu’à l’âge de deux mois et demi (pour un poids final de 50kg en moyenne). Ensuite, ils passent dans une litière plus spacieuse. A ce moment, ils aiment particulièrement retourner leur litière. Ceci cadre parfaitement avec le souci du respect du bien-être animal. De cette manière, les porcs sont moins stressés. Grâce à cela, ils sont plus résistants aux maladies et on n’observe pas de cannibalisme entre les animaux. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de leur fournir des «jouets» artificiels comme dans les porcheries industrielles. Ils trouvent leur bonheur tout simplement en courant et en fouinant dans la paille. C’est d’ailleurs parce qu’ils dépensent de l’énergie à s’ébattre dans leur litière que ces porcs mangent d’avantage, ce qui implique un coût plus important pour l’éleveur. Enfin, afin d’achever leur engraissement, les porcs reçoivent une alimentation plus riche en protéines et en matière grasse, ce qui leur permet d’atteindre un poids de 120kg à un âge de maximum 6 mois. Signalons également qu’ici les porcs sont castrés de manière chirurgicale et non chimique, ce qui permet de produire une viande sans résidus hormonaux sujets à la polémique. Par ailleurs, la viande de Porc sur Paille est d’avantage persillée (plus de graisse intramusculaire), ce qui lui confère plus de goût. 

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La ferme Malmaison à Les Isnes

Votre artisan boucher Côte à l’Os vous propose du porc élevé sur paille en colis mais aussi au détail. Pour les colis, les responsables de la filière font confiance à la créativité et au savoir-faire de votre boucher afin de valoriser au mieux leurs produits grâce à ses préparations (côtes à l’ancienne, saucisses, hachés préparés ainsi que côtes, brochettes et lards marinés). 

En bref, la filière «Porc sur Paille» défend une filière porcine respectueuse de l’animal et du travail des hommes. Son crédo: produire moins mais mieux. Pour l’avenir, son objectif est de se développer en multipliant les petits acteurs. Grâce au peu d’investissement qu’elle requiert, cette méthode d’élevage constitue en effet une forme de salut pour l’agriculture familiale qui est aujourd’hui en danger. En marge de la politique agroalimentaire industrielle, cette filière est fière de se différencier et de proposer au consommateur un produit de qualité. Ici, dans le cochon, tout est équitablement bon!

Commentaires (2)

le

Bonjour, j'ai deux questions : vos porcs vont-ils parfois en pâture? La castration a-t-elle lieu à vif? Merci.

le

J'ai commandé des côtes spiringue de chez vous via La Ruche Qui Dit Oui d'Ixelles et je n'ai jamais mangé des côtes de porc aussi goûteuses! Merci

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