Le croisement, quand deux races se rencontrent

Si le croisement déchaîne parfois les puristes et défenseurs des races pures, il présente néanmoins des avantages sur le plan économique. Faisons le point…

 

Qu’est-ce qu’un bovin de race pure ?

Avant toute chose, plantons le décor: qu’est-ce qu’un croisement? Pour répondre à cette question, il est plus simple de définir dans un premier temps ce qu’est une race pure. Un bovin de race pure est un bovin dont les parents appartiennent à la même race depuis plusieurs générations. Par «plusieurs », on entend six générations chez les puristes mais seules trois générations sont requises pour pouvoir inscrire un bovin au Herd Book d’une race déterminée. Si cette définition semble floue, elle nous rappelle que les animaux au sens large du terme et dont fait partie l’Homme, sont toujours issus d’un brassage génétique. Malgré que certains dans l’histoire ont été obnubilés par la «race pure», la pureté est toujours relative… et fort heureusement d’ailleurs. En effet, la recherche absolue de race pure conduit irrémédiablement à un taux de consanguinité croissant. A titre d’exemple, citons la famille des Habsbourg qui dans le but de maintenir « la pureté » de leur dynastie, a célébrés de nombreux mariages entre membres proches de la famille, avec des unions oncle-nièce, entre cousins ou d'autres unions consanguines. Des chercheurs espagnols ont mis en évidence que c’était probablement ces unions consanguines qui sont à l'origine de l'extinction de cette dynastie qui a régné sur l'Espagne pendant 174 ans. Les descendants présentaient une accumulation d’anomalies d’origine génétique.

Un caryotype humain normal doit comporter 23 paires de chromosomes (donc 46 chromosomes). Chaque chromosome de chaque paire étant apporté par l'un des deux parents. La 23ème paire correspond aux chromosomes sexuels (XX chez la femme, XY chez l'homme).

La race pure n’est pas une fin en soit

Lors de la fécondation, le patrimoine génétique de la mère est recombiné avec celui du père. Brièvement, chacun des parents donne une version/copie de chaque gène. Dans le cas où une anomalie génétique s’est glissée dans la copie du gène d’un des deux parents, la copie correspondante apportée par l’autre parent peut éventuellement «corriger» cette erreur. Dans le cas où la consanguinité est élevée, les deux copies apportées par les deux parents ont de grandes chances d’être similaires et dès lors, l’erreur ne plus être corrigée. Dans ce cas, l’anomalie génétique s’exprime.  C’est pourquoi, on parle couramment de tares génétiques en cas de race « pure » (recourt systématique à la césarienne, perte de l’instinct  maternel, fragilité,…) , et que certains disent qu’un bâtard est plus résistant. Chez les chiens, on sait ainsi que les dalmatiens sont plus sujets à la surdité et les labradors à la cécité.  Si avec ces exemples on s’éloigne certes des troupeaux de bovins, cela montre néanmoins l’intérêt de « rafraichir le sang » régulièrement.  

 

Qu’est-ce qu’un bovin croisé ?

Pour en revenir à nos vaches, un bovin dit croisé n’est pas de « sang » pur, c’est-à-dire qu’à un moment donné, le bagage génétique d’une autre race a été apportée dans sa lignée/par un de ses aïeuls. La pratique montre que lorsque deux races différentes sont accouplées, leur progéniture est moins consanguine et que leurs performances  sont supérieures à la moyenne des parents. Cependant, étant donné que le bagage génétique est comme un jeu de carte qui est redistribué à chaque fécondation, s’il est plus où moins prévisible de prédire le phénotype (l’aspect et les caractéristiques) d’un veau né de deux races pures distinctes, c’est par contre une véritable roulette russe si on croise ensemble des bovins déjà dits croisés durant plusieurs génération. C’est pourquoi, chez les bovins, les croisements sont effectués seulement pour une seule génération.

Le principe du croisement repose sur le fait que chaque race possède des points forts et des points faibles. Le but de celui-ci est d’optimiser et combiner les points forts tout en corrigeant les points faibles. Le choix des races doit bien entendu se faire de manière harmonieuse. Citons par exemple le croisement de la race la plus musclée du monde, le "Blanc-Bleu-Belge", croisée avec son lointain cousin burkinabais, le Zébu Azawak. En effectuant ce croissement, on obtient un animal adapté aux conditions locales et d'une productivité de viande sans égale, du moins en Afrique. Les caractéristiques acquises par cet accouplement se complètent.
De la même manière, un croisement avec le BBB dans les cheptels de la périphérie d’ Ouagadougou a permis d’augmenter la production de lait qui est passée de 2 à 16 litres par jour! Pour ce croisement, les animaux obtenus pesaient déjà 135 kg après quatre mois alors que les bovins locaux n'atteignaient ce poids qu'après 18 mois!

D’une manière générale, on constate les points suivants chez les bovins croisés :

  • 10 % d'augmentation du taux de conception,

  • 10 % d'amélioration de la facilité de vêlage,

  • 7,5 % d'augmentation du nombre de veaux élevés jusqu'au sevrage5-10 %, d'augmentation de la production laitière,

  • 5 % d'augmentation du nombre de veaux survivant jusqu'au sevrage,

  • 5 % des poids plus élevés au sevrage,

3 % d'augmentation des gains après le sevrage.

XLimousine2

 

 

BBB x Limousine

Le croisement chez les vaches laitières

Le croisement est également une option qui peut être envisagée au sein de la filière laitière qui est particulièrement touchée par la crise. Par définition, les vaches laitières sont peu «viandeuses» et leur viande est donc difficilement valorisée. Face à cela, le croisement des vaches laitières avec des taureaux de race à viande apparaît comme une option. Le croisement d’une femelle laitière avec un taureau de race à viande permet d’augmenter le poids carcasse de 9 % par rapport aux laitiers purs (+11 % avec un taureau charolais et +7 % avec un Limousin). Le croisement permet également d’obtenir une croissance supérieure de 11 % à celle des animaux en race pure. Par ailleurs, un père charolais donne de meilleurs résultats (+13%) qu’un taureau limousin (+8 %), les performances obtenues avec le BBB sont encore plus remarquables.

Du côté de nos assiettes

Dans nos étals, derrière l’appellation  « viande irlandaise », ce n’est pas une race pure qui se cache. Les Irlandais jonglent en effet aisément avec les croisements. Cela leur permet de fournir une viande dont les qualités peuvent être adaptées en fonction des besoins du marché. Ils combinent ainsi les avantages de différentes races telles que la BBB, la Limousine, le Charolais, l’Hereford et l’Angus.

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