LE LAPIN PERDU, UNE DÉLICIEUSE TRADITION TOURNAISIENNE

Le « lundi perdu », voilà un terme qui en interpelle plus d’un, surtout s’il n’est pas Tournaisien! Si ces derniers sont baignés dans cette tradition depuis leur plus tendre enfance, nombreux sont les non-Tournaisiens qui se convertissent volontiers à cette succulente tradition.

 

Une tradition ancestrale

 

C'est le premier lundi qui suit le 6 janvier (date de l'Epiphanie) que les Tournaisiens fêtent le Lundi Perdu. Cette tradition ne date pas d’hier. La plus ancienne trace écrite de ce « Lundi perdu » date du 13ème siècle. La tradition remonte à l’époque où les seigneurs fonciers avaient leurs propres justices. Ils tenaient leurs propres assises judiciaires. La date de ces assises était généralement fixée au lundi qui suivait l'Epiphanie. Ces assises, appelées plaids généraux ou franches vérités, se tenaient en plein air. Elles avaient pour but de découvrir les crimes qui avaient échappé aux autorités judiciaires. Ceux qui avaient connaissance de meurtres, brigandages, incendies criminels, vols, viols, calomnies, etc... étaient tenus de les déclarer. Ces dénonciations se faisaient après avoir prêté serment sur les Saints.

Au départ, on parlait de « Lundi Parjuré », mais l’appellation « Lundi perdu » a progressivement pris l’ascendant. Cette dénomination de « Perdu » provient de la célébration de cette journée, le travail était arrêté. Il s’agissait donc d’une journée perdue pour le travail. Aujourd'hui, la tradition se perpétue même si la Ville de Tournai ne cesse plus de vivre ce jour-là, que du contraire ! Une chose est sûre, on se réunit, on fait la fête et on mange toujours ce jour-là le fameux lapin, encore appelé le « Lapin perdu ».

A côté de cela, le terme « parjuré » a une signification sujette à discussion. Certains font référence aux rois mages qui se sont parjurés en ne revenant pas, comme ils l'avaient promis, préciser à Hérode où ils avaient trouvé l'Enfant Jésus! D'autres disent que cela fait référence aux plaids généraux ou franches vérités et pensent que, ce jour-là, certains se parjuraient, malgré leur serment, pour ne pas avoir à se dénoncer les uns les autres! Mais il est plus que probable que le terme "parjuré" ait rapport avec la morale, c'est-à-dire avec le serment prêté. Le jour parjuré était donc celui où l'on devait prêter le grand serment, le serment total.

Les billets des Rois

 

A Tournai, en début de repas, on tire les « billets des Rois », afin d'attribuer à chaque convive un rôle déterminé, dont celui de « Roi ». Il vous est possible de télécharger ces billets afin de les imprimer via ce lien.

Les Billets des Rois correspond à un feuillet de seize billets édités par Casterman au 18e siècle à partir de gravures en bois. Au début du repas, on découpe les billets et on les place dans un chapeau. Si votre table comporte moins de seize convives, on utilise d’office le Roi, le Fou du Roi et le Verseur. C’est tout d’abord la personne la plus âgée qui tire le premier billet, et ainsi de suite jusqu'au plus jeune de la table... Une fois les rôles attribués, le repas peut commencer, le Roi prend son verre et boit à la vue de tous (le Roi boit). Le Fou du Roi veille à ce que chaque convive "respecte" son Roi et ne se disperse pas dans des bavardages ou distractions inutiles...et tout le monde se doit d’accompagner le Roi et de boire en même temps que lui. Si certains convives ne suivent pas, le Fou du Roi leur noircît le visage avec du bouchon passé préalablement à la flamme!
Le Verseur s'occupe quant à lui de remplir le verre de son Roi et des autres convives...
Côté ambiance musicale, c’est l'air "J'ai du Mirliton" qui accompagne cette tradition.

billets du roi

Une occasion de faire la fête

 

Traditionnellement, le « Lundi Parjuré » se célèbre en famille à la maison. Cependant, de plus en plus de personnes se réunissent entre amis et préfèrent pousser la porte des restaurants. Pour ceux qui désirent fêter ça à la maison sans se donner de mal, Côte à l’Os vous propose une sélection de préparations pour l’évènement : voir notre assortiment pour le « Lundi perdu ».

Pour vous régaler, il y a en a pour tous les goûts, les incontournables du repas demeurent cependant les suivants :

  • La petite saucisse, cette saucisse tournaisienne est servie avec de la compote ou du chou cuit au saindoux.
  • Le « lapin aux preones et aux raisins » appelé aussi « le lapin à la tournaisienne ».
    Il s’agit d’un plat mijoté. Logiquement, pour respecter la tradition, la cuisson doit se faire à l’eau car à l’origine, il s’agit d’un repas de pauvres. Cependant, de nombreuses variantes existent à la bière ou au vin blanc. Longuement mijotée, la chair du lapin se détache aisément des os. On sert cela avec des pommes de terre vapeur mais jamais avec des frites ou des croquettes.
  • La salade tournaisienne 
    Il s’agit d’une salade à base de salade de blé, d’oignons cuits au four, de pommes, de chicons, de choux rouge au vinaigre et d’haricots. On peut également la manger avec du mutiau (tête pressée finement hachée et garnie d'ail et de persil) ou du jambon.

Et bien entendu, le repas se termine toujours par la fameuse galette des rois.

 

''A Tournai, pou bin fair' cell' fiête, l'ceu qui n'a pos d'lapin n'a rien !''
''A Tournai, pour bien faire cette fête, celui qui n'a pas de lapin n'a rien ! ''

lapin perdu

Commentaires (2)

le

Celui qui na po de lapin ........na rin ?

le

ah, oui, je confirme, c'est bien cela, mon mari 75 ans me raconte chaque année maintenant que nous sommes seuls, le plaisir chez lui, ( famille de 4 garçons plus les tantes , grands parents, la fête du lundi perdu et se souvient encore des chansons en tournaisien accompagnant le repas, chez moi, seul enfant donc à trois,pas de fête, Bravo pour l'article

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